Les vins rosés ont gagné une part importante du marché ces dernières années, au point de devenir une véritable tendance.
De nombreux producteurs, en France et ailleurs, traitent désormais le rosé comme un vin à part entière : ils adaptent le choix des parcelles, la date de vendange et la vinification pour proposer des vins plus soignés, et les volumes produits comme leur valeur ont nettement augmenté.
Cette catégorie couvre une large palette de couleurs, du rose très pâle au rose soutenu. La plupart de ces vins ont des arômes délicats et une acidité fraîche ; ils se servent à l’apéritif comme à table, et leur profil gustatif leur a gagné des amateurs dans le monde entier.
Qu’est-ce qui donne sa teinte à un vin rosé, et avec quels raisins ?
La plupart des rosés sont élaborés à partir de cépages noirs. Le pinot noir, la syrah, le grenache, le mourvèdre, le carignan, le cinsault, le merlot, le malbec, le cabernet-sauvignon, le tempranillo, le sangiovese et le zinfandel comptent parmi les plus utilisés pour la production de rosé. Ces cépages sont assez polyvalents pour être vinifiés seuls ou en assemblage.
Les cépages varient souvent d’un pays à l’autre : un rosé espagnol fait souvent la part belle au tempranillo et au grenache (garnacha), un rosé italien au sangiovese, tandis que les producteurs américains utilisent volontiers le cabernet, le merlot et le zinfandel.
La Provence a une longue tradition du rosé, qui représente l’essentiel de sa production. Cinq cépages principaux y composent les rosés : le cinsault, le grenache, la syrah, le mourvèdre et le tibouren.
La couleur dépend surtout de la durée du contact entre le jus et les peaux : plus il est court, plus le rosé est clair. Un contact prolongé fait évoluer la teinte du rose pâle orangé vers un rose soutenu, proche d’un rouge très clair.
Les rosés effervescents sont souvent élaborés en assemblant des vins blancs et rouges. En Europe, cette pratique est réservée à certains effervescents, comme le champagne rosé ; quelques pays hors d’Europe l’autorisent aussi pour les rosés tranquilles. En France, elle est interdite pour les vins tranquilles.

Le profil olfactif et gustatif du vin rosé
Les arômes d’un rosé rappellent souvent, en plus discret, ceux du vin rouge issu des mêmes cépages. Les fruits rouges frais, comme la cerise et la framboise, dominent souvent, avec parfois des notes d’agrumes ou de pastèque. En bouche, un rosé peut être très sec ou garder un peu de sucre, selon la région, le cépage et le producteur.
Longtemps considéré comme un vin de second rang, y compris par une partie des vignerons, le rosé est aujourd’hui reconnu comme un vin qui demande une grande maîtrise technique.
Tout se joue sur le contrôle de la couleur, qui influence le profil gustatif. Plus la couleur est intense, plus le vin a extrait de la peau des composés phénoliques et aromatiques, qui lui donnent son corps et son parfum.
L’intensité de la couleur et des arômes dépend donc surtout de la macération des raisins noirs. Elle peut durer de quelques heures, dans le pressoir ou en cuve, à plus de dix heures pour des rosés foncés, proches de vins rouges légers. La date de vendange compte aussi beaucoup : il faut trouver l’équilibre entre la fraîcheur, la maturité technologique (le rapport entre sucre et acidité), les composés phénoliques et les précurseurs d’arômes.




