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Quel vin est bon pour le cœur ? Ce que disent vraiment les études

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Quel vin est bon pour le cœur ?

L’idée qu’un verre de vin rouge protégerait le cœur est ancienne et tenace. Elle vient d’études d’observation des années 1980 et 1990, et non d’essais qui auraient démontré un bénéfice. Aujourd’hui, aucune autorité de santé ne recommande de boire du vin, rouge ou blanc, pour protéger son cœur : l’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’aucun niveau de consommation d’alcool n’est sans danger pour la santé.

D’où vient l’idée d’un vin « bon pour le cœur » ?

Au début des années 1990, des chercheurs ont relevé que la mortalité par maladie coronarienne était plus faible en France que dans d’autres pays où l’on consomme autant de graisses animales : c’est le « paradoxe français », souvent attribué au vin. De nombreuses études ont ensuite comparé des buveurs modérés à des abstinents et observé moins d’infarctus chez les premiers.

Ces études d’observation ont des limites connues. Le groupe des « abstinents » compte d’anciens buveurs qui ont arrêté pour raison de santé, ce qui fait paraître les buveurs modérés en meilleure santé qu’ils ne le sont. Les buveurs modérés de vin ont aussi, en moyenne, des revenus, une alimentation et une activité physique différents. Une association de ce type ne prouve pas que le vin soit à l’origine de la différence.

Le resvératrol, un composé du raisin présent en très petite quantité

Le resvératrol est un polyphénol que la vigne produit pour se défendre contre les champignons. Il se trouve surtout dans la peau du raisin, d’où une teneur plus élevée dans les vins rouges, qui macèrent avec les peaux. Mais un vin rouge n’en contient que quelques milligrammes par litre au plus, et les effets décrits en laboratoire, sur des cellules ou des animaux, ont été obtenus à des doses sans commune mesure avec celles d’un verre de vin. Chez l’être humain, aucun bénéfice cardiovasculaire du resvératrol apporté par le vin n’a été démontré.

Les cépages ne se valent pas sur le plan de la composition : le tannat, le sagrantino ou le nebbiolo donnent des vins riches en tanins, le pinot noir des vins plus légers. Ces différences changent le goût et la structure du vin, pas son statut : quel que soit le cépage, un vin reste une boisson alcoolisée, et la réglementation européenne interdit toute allégation de santé sur les boissons titrant plus de 1,2 % d’alcool.

Ce que disent les autorités de santé

L’alcool est classé cancérogène certain pour l’homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer, et il provoque au moins sept types de cancer. Selon l’OMS, aucune étude ne démontre que les effets bénéfiques supposés d’une consommation faible ou modérée sur les maladies cardiovasculaires l’emportent sur ce risque, et toute boisson alcoolisée, quels que soient son prix et sa qualité, présente un risque de cancer.

En France, Santé publique France estimait à 41 000 le nombre de décès attribuables à l’alcool en 2015, dont 16 000 par cancer et 9 900 par maladie cardiovasculaire. Une consommation régulière d’alcool fait monter la pression artérielle, l’un des principaux facteurs de risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral.

Les repères de consommation à moindre risque

Pour les adultes qui consomment de l’alcool, Santé publique France et l’Institut national du cancer recommandent de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine, de ne pas boire plus de 2 verres standard par jour et d’avoir des jours sans consommation dans la semaine. Un verre standard contient 10 grammes d’alcool pur, soit environ 10 cl de vin à 12 %. Ces repères limitent les risques sans les supprimer : selon Santé publique France, les risques existent dès le premier verre quotidien.

  • Pendant la grossesse, l’alcool est déconseillé dès le premier verre.
  • En cas de maladie cardiaque ou de traitement médicamenteux, c’est au médecin de dire ce qui est possible.
  • Pour le cœur, les leviers reconnus sont ailleurs : ne pas fumer, bouger régulièrement, surveiller sa tension et son cholestérol, manger varié.

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