Le bio a pris une place importante dans le vignoble français : depuis les années 2010, les surfaces de vigne converties à l’agriculture biologique ont fortement augmenté. Dans le même temps, les vins dits « nature » se sont multipliés chez les cavistes et sur les cartes des restaurants. Avant de se demander si un vin nature est bio, il faut savoir ce que recouvrent ces deux mots.
Qu’entend-on par vin nature et vin bio ?

Le vin nature
Le vin nature est l’idéal d’un vin fait sans intrants, sans technique corrective, sans filtration et, si possible, sans soufre ajouté. Le terme n’a pas de définition légale : en dehors de la mention privée « Vin méthode nature », créée en 2020, n’importe quel producteur peut se dire « nature », y compris s’il ne travaille pas en bio. Vinifier sans sulfites ni ajouts, souvent sans contrôle des températures, exige une hygiène du chai très rigoureuse et une présence quotidienne pour éviter les déviations, comme le goût de souris ou l’acidité volatile. La confiance dans le vigneron et dans le caviste compte donc beaucoup.
Le vin bio
Le logo bio européen, une feuille formée d’étoiles sur fond vert, indique que le vin a été élaboré selon les règles de la production biologique. Il est obligatoire sur les produits bio préemballés et suppose un contrôle par un organisme certificateur agréé : les raisins sont cultivés sans produits chimiques de synthèse, et la vinification respecte le règlement européen, qui limite la liste des additifs. Un vin bio peut toutefois contenir des sulfites ajoutés, dans la limite de 100 mg par litre pour un rouge sec et de 150 mg pour un blanc ou un rosé sec. En France, le logo AB (Agriculture biologique), propriété du ministère de l’Agriculture, peut s’y ajouter : il est facultatif et repose sur les mêmes règles.
Pour protéger la vigne des maladies, le viticulteur bio n’utilise que des produits d’origine végétale, animale ou minérale, comme le cuivre et le soufre, à l’exclusion des produits de synthèse.
Comment se fait la production de vin bio ?
À la vigne, le viticulteur bio n’emploie que des substances autorisées par le cahier des charges biologique, d’origine naturelle pour l’essentiel. Les herbicides et les pesticides de synthèse sont interdits. Le but est de préserver la vie du sol et la biodiversité sur le long terme.
Le sol fait l’objet d’une attention particulière : engrais organiques, compost, travail mécanique du sol et enherbement entre les rangs, qui limite l’érosion.
Le travail en cave compte tout autant. Les vins bio sont vinifiés en barrique, en cuve inox ou en cuve béton, comme les autres. Pour un rouge, les raisins sont égrappés et foulés à leur arrivée au chai, puis mis en cuve. Les levures, des champignons microscopiques, transforment le sucre du raisin en alcool : c’est la fermentation alcoolique, qui s’achève quand tout le sucre a été consommé. Vient ensuite, pour la plupart des rouges, la fermentation malolactique, qui assouplit le vin. Ce qui distingue un vin bio se trouve ailleurs : dans la liste réduite des produits autorisés et dans des doses de sulfites plus basses.
Le vin nature est-il bio ?
Les deux notions se recoupent sans se confondre. Un vin bio est un vin certifié, qui porte le logo européen et souvent le logo AB. La plupart des vins nature sont issus de raisins cultivés sans produits de synthèse, mais tous ne sont pas certifiés : la certification n’est obligatoire que pour les vins qui portent la mention « Vin méthode nature ». Un vin nature non certifié ne peut pas être vendu comme bio, même si son vigneron travaille selon les mêmes principes.




