Le vin blanc donnerait davantage mal à la tête, abîmerait plus les dents et serait moins « sain » que le rouge. Certaines de ces idées ont un fond de vérité, d’autres non. Dans tous les cas, la principale substance en cause est la même dans les deux vins : l’alcool.
Les maux de tête : l’alcool d’abord
Les maux de tête qui suivent la consommation de vin sont d’abord liés à l’alcool lui-même, à la quantité bue et à la déshydratation qu’il provoque. Deux familles de composés sont aussi mises en cause chez les personnes sensibles : les sulfites, ajoutés pour protéger le vin de l’oxydation et des micro-organismes, et les amines biogènes comme l’histamine, produites pendant la fermentation.
Les vins blancs et rosés secs peuvent légalement contenir un peu plus de sulfites que les rouges secs (jusqu’à 200 mg par litre contre 150 mg dans l’Union européenne), tandis que les vins rouges contiennent en général davantage d’histamine. Aucune des deux couleurs n’est donc « innocente ». Au-delà de 10 mg de sulfites par litre, l’étiquette doit porter la mention « contient des sulfites ».

L’acidité et l’émail des dents
Les vins blancs sont souvent plus acides que les rouges, en particulier ceux issus de cépages comme le riesling ou le sauvignon. Comme tout aliment acide, le vin peut fragiliser l’émail dentaire, qui ne se régénère pas. Les dentistes conseillent de ne pas se brosser les dents juste après avoir bu une boisson acide et de boire de l’eau pour rincer la bouche. Le fromage, riche en calcium, est un accompagnement classique du vin blanc.
Plus de polyphénols dans le rouge
Le vin rouge macère avec les peaux et les pépins du raisin : il contient donc davantage de polyphénols (tanins, anthocyanes, resvératrol) que le vin blanc, où l’on trouve d’autres composés comme le tyrosol. Cette différence explique la couleur, la structure et le goût de chaque vin. Elle ne fait pas du rouge une boisson bonne pour la santé : l’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’aucun niveau de consommation d’alcool n’est sans danger, et la réglementation européenne interdit toute allégation de santé sur une boisson de plus de 1,2 % d’alcool.
Les repères de consommation
Pour les adultes qui consomment de l’alcool, Santé publique France et l’Institut national du cancer recommandent de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine, de ne pas boire plus de 2 verres standard par jour et d’avoir des jours sans consommation dans la semaine. Un verre standard contient 10 grammes d’alcool pur, soit environ 10 cl de vin à 12 %. Ces repères limitent les risques sans les supprimer : selon Santé publique France, les risques existent dès le premier verre quotidien.




